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Chronique de Yan Théberge


29 mars 2001

La vaccination de masse



Salut vous autres.

Dernièrement, aux bulletins de nouvelles québécois, on entend parler que de méningite, de vaccination, de grippe et de Patrick Bourgeois. Une question qui nous vient souvent à l'esprit est : mais d'où viennent tous ces fameux fléaux ? Que peut-on faire pour contrer ces maux de l'humanité ?

Pour sûr, les mots vaccination massive et méningite vont très bien ensemble, surtout dans un bulletin de nouvelles. Mais qu'en est-il côté biologie humaine ? Qu'en est-il côté écologie et symbiose des espèces parasites et hôtes ? Ce sont sûrement des questions qui vont ont effleurés l'esprit pendant une longue réflexion à la suite d'un reportage de Jean Lajoie à TQS ... Et bien, en tant que pseudo-expert en la matière, je vais vous expliquer toutes les implications, non pas monétaires, mais surtout biologiques à large échelle (je vous vois déja bondir sur votre chaise capitonnée : youppi ! un article scientifique ! ).

Pour débuter, une petite mise au point est nécessaire avant d'entrer dans le vif du sujet. Lorsque l'on parle de vaccination, que ce soit pour la grippe, l'hépatite ou la méningite, il s'agit d'une arme d'autodéfense contre les VIRUS et non les bactéries ou les mycètes. Or, il existe deux grandes familles de méningites, la méningite de type bactérienne causée par le méningocoque (qui se traite par dose massive d'antibiotiques), et la méningite virale causée par certains entérovirus, comme les coxsackievirus et les echovirus (et aussi certains virus causant l'herpès) pour laquelle il n'y a aucun remède après infection, seulement un vaccin comme moyen de prévention.

Pour votre information, un vaccin est une solution saline contenant une culture de virus vivants affaiblis par un agent chimique (comme du Chlorox, une solution d'eau de javel diluée) ou par une action physique (cycle gel-dégel, chauffage-refroidissement, rayonnement U.V., micro-centrifugation). Souvent, un tel traitement a pour but de tuer les virus et de ne conserver que la capside protéique (la carapace) en solution puisque le système immunitaire reconnaît un virus par l'empreinte protéique de sa capside. L'ADN viral (ou ARNm la plupart du temps) est soutiré de cette solution pour éviter toute contamination du récipiendaire. Le but du vaccin étant d'induire une réponse immunitaire à la présence d'un agent pathogène introduit. Même si l'agent est affaiblie, le système immunitaire va réagir violemment à cet intrus et va l'emporter haut la main, ce qui est le principe même du vaccin. Cependant, les lymphocytes (globules blancs) vont conserver en "mémoire" l'empreinte protéique du capside de l'agent introduit au moment de la vaccination pour accélérer le temps de réponse lors d'une prochaine invasion et ainsi limiter les dégats. Il s'agit du système antigène-anticorps dans sa grande splendeur. L'antigène étant l'empreinte du virus et l'anticorps une protéine complémentaire à cet antigène, à la manière de deux pièces qui s'emboîte l'une à l'autre, mais dont une troisième ne fitterait pas (c'est tu clair ? ).

capside virale (vue extérieure d'un virus commun)


Là où je veux en venir, c'est que, comme vous le savez, les virus se multiplient à très grande vitesse. Et aussi, chaque génération de virus se voit subir une légère mutation selon son précurseur, la cellule hôte, le pH ambiant, la température .... Bref, les virus muent très rapidement. Ils sont très instables. Et souvent, dans leurs mutations, leur capside protéique va se modifier elle aussi. C'est rare, mais ça arrive. Alors, que va t'il arriver à notre super système immunitaire qui a été stimulé il y a 6 mois avec une souche de virus affaiblie, et qu'il est de nouveau contaminé par ce même virus via l'éternuement de son voisin de bureau contaminé, dans lequel le fameux virus a subit une légère mutation entraînant une modification de la configuration protéique de sa capside ??? hein ? je vous le demande ? Et bien, votre système immunitaire ne pourra pas reconnaître l'envahisseur parce que son antigène a changé ! La pièce de reconnaissance de l'ennemi n'a plus la même forme, et elle ne fite pu avec la pièce complémentaire qu'on avait déja fabriquée lors d'une campagne de vaccination massive à l'aveuglette et on va se ramasser une christie de méningite et risquer même la mort si on est pas en santé ou affaiblie par un autre virus (grippe) ou une bactérie (rhume).

C'est aussi la même chose pour le VIH qui est respondable du Syndrôme d'ImmunoDéficience Acquise (SIDA), excepté que le VIH mue régulièrement à presque tous les 3 mois ...

Alors, l'enjeu est énorme lorsque l'on décide d'effectuer une vaccination massive. Pas seulement au niveau des coûts que cala entraîne (c'est un autre débat), mais surtout sur quel vaccin utiliser. On entend parler de méningite de type A ou C (la B est très sévère et rare, aucun cas en Amérique, seulement en Afrique) ... alors le type de méningite n'est pas une défaite pour ne pas faire de vaccination, parce que la différence entre le type A et C est le type de virus qui s'est développé. Il est très facile de le déterminer par des tests sanguins dont les résultats sont plutôt rapides à obtenir, contrairement à ce que l'on essaie de nous faire croire. La véritable raison pour l'hésitation de vacciner de façon massive, c'est de vouloir retarder le pire (à grande échelle). C'est à dire la victoire de nos ennemis microscopiques. Mais oui, en faisant des vaccinations massives à toutes les années (ou presque), nous contribuons à l'avancement et le perfectionnement génétique des virus. C'est l'application au niveau parasitaire de la théorie de l'évolution de Darwin, la sélection naturelle.

Le virus doit se défendre contre des anticorps et un système immunitaire qui sont prêts à le détruire. Il doit survivre dans un environnement hostile pour accomplir sa mission : se reproduire. Pour se faire, il doit muer, évoluer. Et pour muer, il doit se reproduire (c'est un cercle vicieux). Vous savez, la théorie de l'évolution repose sur le fait que les plus forts peuvent se reproduire et ainsi transmettre leurs gènes puisqu'ils ont survécus à l'oppression des leurs compétiteurs ou de leur environnement. Il en est de même pour les virus. Sur toute la quantité de virus qui vient infecter un individu vacciné, au moins quelques uns vont survivre et vivre dans l'hôte sans l'affecter, comme en latence. Pourquoi ? Parce qu'il est différent des autres, juste un peu, pas beaucoup, mais assez pour ne pas être reconnu par le système immunitaire et passer incognito. Alors, que fait-il ? il se reproduit tranquillement, lentement, et lorsqu'il a l'occasion (par un éternuement ou une simple poignée de main), il s'installe dans un autre hôte pour se multiplier ... la boucle est complète, la mutation est faite, le virus vient de compléter une étape dans son évolution rapide et exponentielle. Grâce à la vaccination massive, nous accélérons le processus de l'évolution des virus en sélectionnant les plus forts, les survivants, les conquérants.

Ouvrez vous les yeux, si les vaccinations massives sont toujours retardées et qu'on essaie d'en faire le moins possible, ce n'est pas une question de connaître la souche infectieuse ou pire encore, une question d'argent, c'est une question de survie de l'espèce humaine.

Taekwon.



Yan Théberge




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