Chronique de Yan Théberge14 mars 2001 Ce n’est que de la tôle…
Salut vous autres,
Jeudi 8 mars 2001, il est environ 9h45 le soir. Je reviens tout bonnement de mon cours de TaekwonDo, comme je le fais 3 à 4 fois par semaine. Mon cours est à Lévis et je demeure à l’Ancienne-Lorette (région de Québec). Je traverse donc le pont Pierre-Laporte pour emprunter l’autoroute Duplessis direction nord. Il fait beau, la musique est bonne. Jusque là, tout va bien, j’ai hâte d’aller prendre un bonne petite douche, prendre mes emails et me coucher parce que je travaille demain … Tout d’un coup … À la sortie d’un virage prononcé, caché par un via-duc sournois, je vois surgir dans mon champ de vision avant un esti de towing (une remorque). Il y avait un carambolage sur l’autoroute. Et je me dirige droit dedans à plus de 80 km/h (c’est la vitesse maximum que ma petite Géo Métro 3 cylindres peut atteindre dans cette côte qui monte). Je fourre les brakes. Un pied sur la clutch, l ’autre sur les brakes, à fond mon léon. Des personnes sont sur l’asphalte luisante de glace noire les bras en l’air comme pour m’indiquer de ralentir … tss … ca va, j’avais compris. Les roues d’en avant sont bloquées. Les pneus crient. Ca ralenti pas pantoute. Vite, le brake à bras. Je suis crispé de tous mes membres à la fois sur mon volant, mes pédales et ma petite poignée de frein à main … Ha ! Une issue ! le terre plein. Puisque la voie de droite est complètement occupée par la remorque et que celle de gauche est bloquée par ce qui me semble bien être une Volks Golf avec le hatchback en moins, je m’enligne vers la droite. La gaffe. Le terre plein mesure 5 pieds de haut à cause de la neige tapée dure comme du béton. Et la remorque s’approche dangereusement … Encore … Et encore … J’entends des cris … j’entends des pneus qui crient … et dans ma tête, tout est comme au ralenti … … et puis … BANG ESTI ! (c’est environ le bruit que ca fait). Ca y est, ma petite toto viens d’enculer le crisse de towing. Ben … mettons que c’est plutôt le cul du towing qui a pénétré ma petite toto … Le hic, c’est que je suis dedans la petite auto. Encore assis. Détail technique : la remorque est en fait une remorque dite de type “plate-forme” … un crisse de towing avec une “floab” qui dump … avec la plate-forme en l’air … Elle est faite en acier oxydable … je le sais, je l’ai vu de pas mal proche. Trop proche. Disons qu’elle m’ effleurait. J’ai encore le bras gauche tendu au max sur mon volant avec la plate-forme du towing qui a pénétré ma bulle en passant par le wind-shield (vitre avant) au niveau de mon volant, puis elle s’est frayée un chemin en coupant le montant de la glace avant (windshield) pour passer là où se trouvait avant la vitre de la porte du conducteur, pour plier en un “V” très prononcé le cadre de la porte ainsi que le châssis (poutre) jusque dans le coffre de mon petit bijou de voiture. Ma petite auto se retrouve donc avec le coté conducteur arraché de force et remplacé par des constituantes indestructibles de remorque plate-forme … méchant bon deal. Et moi … où je me trouvais ? Toujours assis sur mon siège. La petite toto est arrêtée. Je suis couvert de millions de petits éclats de vitre. Partout. Y en a partout. Sauf dans mes yeux … fiou. Des voix. J’entends des voix. Plutôt des cris. Oui, chu ben en vie. Je regarde à gauche pour voir ce qui me chatouille l’épaule, le cou et la mâchoire … c’est froid … c’est noir … c ’est dur … c’est une plate-forme d’acier oxydable. J’ai du me pencher à droite pour prendre la distance nécessaire à faire un focus sur cet objet contondant et enfin pouvoir constater que c’était bel et bien une plate-forme de remorque qui avait emboutie ma voiture, qui avait longer mon bras, frôler mon cou, effleurer mon épaule, pour trouver refuge dans le hayon de mon auto. La satanée plate-forme est rentrée dans mon char à la hauteur de mon cou (avec un minimum d’imagination, on peut toujours penser à ce qu’il aurait pu arriver de pire, et c’est assez badtrippant). … Je sors coté passager (!). Je fais quelques pas. Oui, chu correct. Je n’ai absolument rien. Aucune courbature, aucune fracture, aucune coupure, rien de rien. J’ai survécu. Mais pas ma bagnole. Perte totale… TABARNAC DE CÔLISSE DE $**&?&?$//”FUCK&?|# MON CHAR EST FINI SIBOIRE DE CRISSE Je sais, ce n’est que de la tôle. Finalement, nous sommes 7 personnes qui ont eu de la chance, avec 7 voitures qui en ont eu moins, et une compagnie de remorquage qui vient de se faire une petite sortie payante en stationnant une remorque en plein milieu d’une autoroute à la sortie d’un virage prononcé pour dépanner une jolie jeune demoiselle en détresse avec un pneu à plat. Faites attention en voiture. On ne sait jamais quand est-ce qu’une plate-forme de remorque peut vous frapper. Conduisez prudemment. Yan Théberge |