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Le bag à Gravel


14 mars 2004

Showtime numéro 2



Depuis une semaine, une réplique de cinéma me revient sans cesse en tête. Vous vous souvenez du premier Die Hard? Je revois Bruce Willis, alias John McClaine, coincé dans le building où sa femme et plusieurs autres personnes sont retenues prisonnières par un groupe de terroristes… Bruce Willis vient de buter deux ou trois méchants, mais il saigne de partout, bref, le gars est magané. Et il entre en contact avec un policier au sol grâce au walkie-talkie d'un terroriste. Et le policier lui demande :

- McClaine, comment tu te sens?

Et Bruce répond, d'une voix insupportable traduite au Québec :

- Pas aimé, et ça me désole!


Pour plein de raisons, je file un peu comme ça cette semaine. Rien à voir avec vous. Et non, je n'ai pas buté de terroristes. Je ne saigne même pas, en fait. Et je ne vous écris pas ça non plus pour recevoir des messages de sympathie, je vous l'ai dit, y a personne de mort. Ne démarrez pas un téléthon non plus, ce n'est vraiment pas nécessaire… Ce que je veux vous dire, c'est qu'on a tous nos petits et nos gros problèmes et nos façons de penser à autre chose ou de nous en sortir. Ma façon à moi, c'est de me garrocher à corps perdu dans la musique et le cinéma, qui sont deux de mes grandes passions. Et j'ai vu et entendu bien des trucs dans les derniers jours dont j'ai le goût de vous parler. Et en passant, les jeunes, les passions, c'est important (dit-il avec une voix touchante à la Mario St-Amand)… Donc, Showtime!!!


MYSTIC RIVER
Quand on repense à Clint Eastwood, de son époque d'acteur western, on voit un visage impassible, un regard décidé, une imperturbable force tranquille… Maintenant qu'il est réalisateur, c'est la même impression de force tranquille qui se dégage des films de celui qu'on appelait le " Man With No Name ". Mystic River est un film sobre et majestueux, qui traite de la vie, de l'amitié, des décisions importantes et des événements qui nous suivent jusqu'à la fin de nos jours. Les performances d'acteurs sont exceptionnelles, en particulier Sean Penn dans son rôle de père éploré qui a perdu sa fille préférée, et aussi Tim Robbins, effrayant et inquiétant dans le rôle d'un homme qui traîne un lourd, très lourd passé. Le film est si solide que même Kevin Bacon y sonne juste. Sans vous dévoiler l'histoire, Eastwood nous présente trois amis d'enfance dont les destins se retrouvent à nouveau liés dans une tragédie. Et on plonge rapidement dans les eaux troubles de Mystic River, pour en ressortir à bout de souffle, devant un film solide à tous les niveaux qui devient un des premiers de l'année à être pris au sérieux pour les Oscars. Faut croire que le vieux Eastwood a encore quelques bonnes munitions pour nous parler avec autant de finesse des bons, des brutes et des truands qui se cachent en chacun de nous. En passant, Clint Eastwood a déclaré il y a quelque temps en conférence de presse qu'il n'y a rien de plus horrible comme crime qu'une agression contre un enfant. Dommage que notre maire et nos médias ne pensent pas de la même manière ici à Québec….

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE
Ici, pas de dentelle. Ce " remake " du classique de l'horreur de 1974 ne devrait pas décevoir les amateurs de sensations fortes. Membres découpés, images répugnantes, sang à profusion, tout y est pour éloigner les cœurs sensibles et réjouir les fanatiques. Mais ne vous attendez pas à de la grande révélation. Il y a 30 ans, il était original de faire un film où une bande d'adolescents un peu con se perdaient dans le plus profond du Texas pour tomber sur un maniaque qui veut les découper à grands coups de scie à chaîne. Mais 26 millions de " slasher movies " plus tard, difficile d'être impressionnés dans le domaine. Sauf que le vilain tueur du film, en l'occurrence Leatherface (un sympathique dividu qui découpe de l'humain pour se faire des masques en peau et cacher derrière son visage hideux), est plutôt efficace. Et encore plus tous les personnages de sa sympathique famille, tous plus déjantés et psychopathes les uns que les autres. Mention spéciale à la grosse madame à lunettes, au policier-qui-n'en-est-pas-un, et au p'tit vieux en chaise roulante. Pour le reste, ça crie, ça découpe, et Jessica Biel a vachement le physique de l'emploi. Pas un classique, mais quand même meilleur que le film d'horreur moyen (qui est fort moyen ces temps-ci, ceci dit en passant).

RUSH IN RIO
Je n'ai vraiment pas beaucoup de fibre patriotique. Je me suis senti fier d'être canadien quand Ben Johnson a planté tout le monde aux Jeux Olympiques de Séoul de 1988. Et dans ma tête, il reste toujours le vainqueur incontestable de l'épreuve 100 mètres, dopage ou pas. Je me suis senti fier quand Team Canada a gagné contre la Russie un an plus tard, sur un jeu extraordinaire entre Wayne Gretzky et Mario Lemieux, à une minute de la fin du match ultime. Et c'est à peu près tout. Jusqu'à l'écoute de Rush In Rio. Le trio torontois se retrouve au Brésil, devant 40 mille personnes en délire. Et à un certain moment, la magie de la musique opère, beaucoup plus efficace que n'importe quel tour de Siegfried et presque-rest-in-peace Roy. Pendant la pièce instrumentale YYZ, les Brésiliens se mettent à sauter comme si la foule était une seule et même personne. Et les fans en délire chantent la mélodie de la pièce, plus fort que les trois musiciens…! Un Moment, avec un grand M, qui semble dépasser complètement Gedy Lee, Alex Lifeson et Neil Peart. Rush In Rio est un concert impeccable, tant au niveau du son que de l'image. On y voit le meilleur groupe de l'histoire du Canada à son top pendant plus de trois heures devant un public survolté. Lors de cette tournée au Brésil, Rush a attiré 120 mille personnes en trois soirs, ce qui constitue leurs plus grosses foules à vie. Amplement mérité pour le trio de virtuoses. Et le DVD, ainsi que le CD triple, sont un testament ultime pour tout fan de Rush qui se respecte. À noter que sur le CD, une chanson, Vital Signs, a été enregistrée lors de leur dernier passage au Colisée de Québec. Ce serait le moment idéal pour que Rush annonce son retrait de la scène musicale, au sommet de sa gloire, sans aucun faux pas.

PINK FLOYD LIVE AT POMPEII
Mon film-concert culte. Je sais tout de Pink Floyd à Pompeii. Je peux vous dire les deux endroits où le batteur Nick Mason casse ses baguettes, à quel moment un papillon passe devant les caisses de son, vous énumérer tous les mauvais montages un par un, et vous imiter chacun des membres du groupe avec les bonnes répliques dans le bon ordre lors de leurs entrevues. On est tous freak de quelque chose; moi, mon adolescence a été marquée par Pink Floyd en général et par leur concert à Pompeii en particulier. Un concert bien spécial qui se tient en 1972 dans les ruines d'un ancien colisée qui a été ravagé par l'éruption d'un volcan en l'an 76 après Jésus-Christ. Pink Floyd s'est installé dans l'enceinte, sans aucun public, et a joué les meilleures pièces de son répertoire de l'époque devant l'équipe de tournage du réalisateur Adrian Maben. Maben les a aussi suivi aux studios Abbey Road, où Pink Floyd enregistrait le chef d'œuvre Dark Side Of The Moon. Le résultat montre un band au sommet de son esprit créatif de groupe, avant que Roger Waters n'impose sa vision totalitaire au reste de la formation. Le film vient de faire l'objet d'une réédition DVD, que j'attendais tout comme un chrétien aveugle de foi attend son baise-main du Pape. Ou quelque chose du genre. Et quand les attentes sont élevées, on est toujours un peu déçu. Détrompez-vous, la qualité de l'image et du son n'ont plus rien à voir avec la boiteuse version VHS. Mais le réalisateur Adrian Maben a décidé de saboter lui-même le film en y ajoutant des images de son cru. Alors au lieu de voir le groupe jouer, on nous montre des images stupides et ridicules de planètes, de fusées, et des images informatiques cheaps de ce que la cité de Pompeii pouvait avoir l'air avant l'éruption du volcan. Who cares??? On veut voir le band jouer ses tounes! Heureusement, le concert original est disponible dans les options, ce qui nous permet d'éviter cet égo-trip de réalisateur raté. Cependant, il faut se taper la version revampée pour tomber sur des petits bijoux d'entrevues d'époque avec le groupe. On y voit les membres du Floyd s'amuser à faire passer le réalisateur pour un con, en se mettant à dire des âneries dès que la caméra tourne. Mais on y voit aussi certaines tensions, lorsque des questions sur la chimie du groupe sont posées. On sent que le groupe commence déjà à se fissurer, à l'aube de leur succès planétaire. Pink Floyd à Pompeii reste le seul témoignage visuel et sonore du temps où le Floyd formait encore ce qu'on pouvait appeler un groupe. Et juste pour ça, je suis prêt à endurer des images ridicules de planètes et de fusées. Pour les vrais fans.

KILL BILL
Je serai bref : Kill Bill est le film de l'année. Et c'est dans mon top 5 à vie jusqu'à la fin de mes jours. Violence, attitude, style, humour… Seul un génie comme Tarantino peut nous faire frissonner au son de la flute de pan de Zamfir. Zamfir, bordel!! Vivement la suite en février! Tarantino n'ira jamais plus haut. Le cinéma non plus. Timeless classic.

LET'S TALK ABOUT PROG!
Vous vous souvenez, je vous ai parlé de Spock's Beard dans une chronique précédente… Et bien mes prières ont été entendues par Jésus, ou Jéovah, ou Rael, ou Bouddha, ou Phil Hartman. Mon band préféré passe par Montréal, le 9 novembre prochain, dans la minuscule et chaude salle du Café Campus. J'ai hâte sans bon sens. Je commence même à m'habituer au dernier album, c'est vous dire…!

Toujours dans le monde du progressif, je vous rappelle que l'excellent band Arena passe à Québec le 22 novembre prochain. C'est un fan du groupe, un vrai de vrai, qui a organisé de par lui-même le concert. C'est un exploit digne de mention! Les billets pour le show sont disponible via le site de Billetech (www.billetech.com). Il va sans dire que ce sera un excellent show.

LE MOT DE LA FIN
Alanis Morissette était en spectacle la semaine dernière au Pérou. Elle a terminé le concert sous des applaudissements, jusqu'à ce qu'elle déclare haut et fort : " Thank you Brazil! " La connerie est une denrée universelle.




 



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