Le bag à Gravel25 octobre 2003 Showtime ![]() merci à radio-canada.ca
Petite note d'introduction: quand le titre de cette chronique sera ''showtime!'' , ne vous mettez pas à hurler de peur en imaginant que mon texte traite des lubies sexuelles de François Rény... Cela veut plutôt dire que je vais parler de musique, de showbizz et de cinéma. Vous êtes encore là? Good! Bonne lecture.
*********
Je n'irai pas par quatre chemins: The Order est le plus mauvais film de l'année. Fuyez cet horrible navet. Les médias sont tombés à bras raccourcis sur Gigli, le film mettant en vedette le manque de talent de Ben Affleck et le postérieur bombant de Jennifer Lopez. Mais oui, il peut se faire pire. The Order se veut un thriller religieux mettant en vedette Heath Ledger, un acteur qui fait tomber toutes les filles en pâmoison, même si la moitié sont incapables de prononcer correctement son nom. On nous raconte l'histoire d'un gentil prêtre qui va se battre contre de méchants prêtres. Et vous allez vous rendre compte que le Malin a vraiment envahi le film, que ce soit au niveau des mauvaises performances d'acteurs, des invraisemblances du scénario banal, ou pire encore, des effets spéciaux. Saviez vous que les pêchés que vous avez à l'intérieur de vous sont en fait des méduses transparentes faites par ordinateur et qui vous sortent du ventre comme des Aliens? Et en plus, le film tombe dans tous les clichés que le genre nous a trop souvent donné. Oui, il y a des enfants qui ont l'air épeurant. Oui, il y a aussi une messe noire louche. Oui, le Démon parle avec une grosse voix comme Barry White. Le seul point positif à la sortie du cinéma est l'assurance que la prochaine fois que vous irez voir un film ne pourra être que meilleure. À classer parmi les merdes religieuses comme Bless The Child et Lost Souls, qui nous prouvent sans contredit que Satan existe, et que parfois, il fait des films pour confirmer notre Damnation. Mauvais en Christ.... --------
J'ai beaucoup parlé en ondes de mon amère déception devant l'incapacité de la ville de Québec à remplir une salle de 1700 personnes pour un spectacle de qualité comme celui de Perfect Circle. Le Grand Théâtre a pourtant réussi à faire salle comble une bonne douzaine de fois pour un groupe hommage à Genesis (un excellent groupe hommage, mais un groupe hommage quand même, bordel). Pourtant, un son aussi rock, aussi recherché et à tendance aussi progressive que celui de Perfect Circle aurait dû intéresser les amateurs de musique de Québec, une ville qui se dit fanatique de rock. Inquiétant de constater que partout où ils ont passé, même à Montréal, Perfect Circle a attiré davantage. Ne vous surprenez pas si ça devient de plus en plus rare de voir de nouveaux artistes dans la région. Tenez-vous le pour dit: de plus en plus, il faudra faire deux heures de char pour aller voir un bon concert. Et peut-être même plus. Jane’s Addiction a annulé le concert prévu pour le Centre Bell le 25 septembre prochain. La raison avancée est un conflit d’horaire. Mais quand on a un conflit d’agenda, on n’annule pas un show, on le reporte. La vérité est que Jane’s Addiction n’avait pas vendu assez de billets pour être rentable. Vous connaissez pas un appartement que je pourrais squatter à Toronto? -------
Notre Belle Province a beaucoup parlé d'Audrey depuis quelques semaines. Audrey est cette concurrente de l'émission Canadian Idol qui a été éliminée alors qu'il restait quatre concurrents. Elle a tout de même été accueillie par une meute de journaleux qui l'ont entourée comme s'il s'agissait de Batman ou du premier extra-terrestre sur Terre depuis Julie Lemieux. Le papa d'Audrey a tout laissé tomber pour pouvoir s'occuper des affaires de sa fille adorée. Guy Cloutier voit déjà en elle une autre machine à faire du cash pour les kétaines. Mais pendant son séjour au Canada anglais, Audrey ne nous aura prouvé qu'une seule chose: que notre système d'éducation n'éduque plus. Comment, en 2003, une fille qui a un secondaire 4 peut ne pas bredouiller un seul mot d'anglais? Alors que le Québec devrait se faire une fierté de s'ouvrir sur le monde et de parler au moins deux langues, notre représentante la plus en vue des dernières semaines a besoin d'un traducteur pour lui dire qu'elle est éliminée! Pire encore, elle semble avoir de la difficulté à être unilingue! Audrey n'a pas été victime du racisme des canadiens anglais. Elle a été victime de notre système d'éducation, inapte à la préparer à faire face à la vie. Et je vous rappelle que malgré sa défaite, nos réseaux télévisés d'information ont interrompu leur programmation régulière pour nous montrer son arrivée à l'aéroport. Le ridicule ne tue pas, mais il prend de plus en plus de place dans notre télévision. --------
Le magazine Rolling Stone a publié un palmarès fort controversé des cent meilleurs guitaristes au monde. L'exercice n'est pas évident parce qu'il faut répondre à plusieurs questions. Qu'est ce qui fait d'un guitariste un bon guitariste? La virtuosité? L'influence qu'il a eue? Sa place dans l'histoire de la musique? Sa capacité de trouver des mélodies accrocheuses? La chance qu'il a eue de faire partie d'un band populaire? Quoi qu'il en soit, Jimi Hendrix arrive grand premier du décompte, ce qui est difficile à contester. Pour ce qui est du reste, sachez que Keith Richards se retrouve dixième, Kirk Hammett onzième et Kurt Cobain douzième. Quelques surprises se retrouvent dans le top 20, comme Johnny Ramone au numéro 16, Jack White des White Stripes au numéro 17 (!!!) et John Frusciante des Chili Peppers au numéro 18 (!!). Pendant ce temps, des légendes de la musique comme Frank Zappa, Eddie Van Halen et David Gilmour se retrouvent loin derrière en 45ème, 70ème, et 82ème position. Absents de la liste: Zakk Wylde, Yngwee Malsteem, Joe Satriani, John Petrucci, Steve Vai, Kenny Wayne Sheperd, Tony MacAlpine, Albert Lee, Paul Gilbert et plusieurs atures. De quoi faire sourciller n'importe quel amateur de musique... Tous les détails au www.rollingstone.com. ---------
Je plaide coupable. Je suis un trippeux de rock progressif. Attention, je ne suis pas un nostalgique qui va vous dire: "La musique était ben meilleure dans le temps!''. Non merci. Même si ce n'est plus du tout à la mode, il se fait encore de l'excellent rock progressif, digne de rivaliser avec les Yes et les Pink Floyd de l'époque. Que ce soit Tool, les Flower Kings, Dream Theater, ou Porcupine Tree, le prog fait encore en qualité à défaut de générer de l'intérêt. Et il est fascinant de tracer des parallèles entre Genesis, groupe prog de l'époque des années 70, et Spock's Beard, un des chefs de file du progressif des dix dernières années. Genesis avait un leader charismatique qui attirait toute l'attention (Peter Gabriel). Spock's Beard était la créature d'un être multi-talentueux et charismatique aussi (Neal Morse). Gabriel a quitté Genesis pour se consacrer à sa famille et à sa carrière solo. Morse vient de quitter son groupe pour se consacrer à sa religion (isshhhhh...) et à sa carrière solo. Le batteur de Genesis est devenu le chanteur du groupe, un certain Phil Collins. Idem pour Spock's Beard; leur batteur, Nick D'Virgillio (qui, coïncidence oblige, a travaillé sur le dernier CD de Genesis, Calling All Stations), est aussi devenu leur nouveau chanteur! Mais les comparaisons s'arrêtent là. Si Genesis s'est mis à vendre des albums avec la sortie de Trick Of The Tail en 76, leur premier CD post-Gabriel, je ne crois pas qu'on pourra en dire autant de Spock's Beard, qui fait paraître Feel Euphoria, premier CD sans leur maître d'armes. L'album est loin d'être mauvais, mais on sent une grande perte et une pression sur les membres restant. L'album est une véritable montage russe de bons et de mauvais moments, souvent dans la même pièce...! Comme si la nervosité et le stress de composer des chansons faisait tirer le groupe dans toutes les directions. Mais même si le CD n'a pas l'appel des précédents efforts avec Neal Morse (tout amateur de prog doit écouter le double album Snow), il s'y trouve quand même quelques grands moments de musique. Et Feel Euphoria gagne après plusieurs écoutes. Curieux de voir l'évolution de Spock's Beard et la direction qu'ils vont prendre lors de leur retour en studio. Curieux aussi d'entendre l'album solo de Neal Morse, qui va sortir à la fin du mois de septembre. C'est Mike Portnoy, batteur de Dream Theater, qui l'assiste en studio (les deux avaient travaillé sur l'excellent projet Transatlantic). ----------
Quitte à parler de musique, je veux vous inviter personnellement au prochain spectacle du Dave Matthews Band. Une foule chargée à bloc et conquise d’avance (comme l’écrit si bien Pierre O Nadeau à chaque spectacle) remplissait le Centre Bell le 2 septembre dernier. Dave Matthews a fait son entière réputation avec ses prestations scéniques, à l’image de Bruce Springsteen ou des Grateful Dead. Il est rare qu’on puisse voir un show aussi rock mettant en vedette à l’avant-plan une guitare accoustique et un violon. Le tout soutenu par une des rythmiques les plus solides actuellement disponible. Un band à voir et à revoir. Je vous convie même à amener quelqu’un qui ne connaît pas du tout la musique et je le mets au défi de ne pas se laisser entraîner… --------
Je trouve plutôt drôle qu’on ait remis un concert cet été à l’Agora en raison du mauvais temps. C’était la première fois que ça arrivait de l’histoire de la salle extérieure. D’autant plus que le premier samedi où Éric « salut la gang » Lapointe devait jouer a finalement été chaud et confortable. Quelques semaines plus tard, un peu plus de mille personnes se retrouvaient à grelotter dans une Agora presque vide pour le concert québécois. Est-ce que, par un parfait hasard, le report du concert avait quelque chose à voir avec les ventes anémiques de billets? Je dis ça comme ça… |