Le bag à Gravel21 août 2002 Rock and roll, mate! Rock and Roll...
Au fil des ans, Oasis a montré à son public qu'il était capable du meilleur comme du pire. Mais nous n'avons eu droit qu'au meilleur d'Oasis au Centre Molson de Montréal vendredi soir dernier. Arrogance, rock & roll et encore rock & roll! Et pour les quelques critiques, dont celui de La Presse, qui n'ont rien compris au spectacle, et bien qu'ils fassent comme à l'époqe des Stones et qu'ils aillent se faire foutre. Rock and Roll Attitude, mate...!
![]() merci à cyberpresse.ca La soirée a très bien débuté avec la formation suédoise Soundtrack Of Our Lives qui a soulevé les personnes qui ont eu la brillance de se pointer à l'heure pour le spectacle, ils étaient trop peu nombreux. J'ai lu beaucoup de bien sur Soundtrack et j'ai été enchanté par leur trop courte prestation. Le groupe descend directement des Stones et des Who, avec une touche Morrissonesque de bonne nostalgie. Et sur scène, le band déménage. Le chanteur, une espèce de croisement entre Ian Anderson de Jethro Tull et la dernière période (bedonnante et barbue) de Jim Morisson, va même se promener sur le parterre pour aller rencontrer la foule. J'aurai rarement vu un groupe avoir trois ovations debout en première partie d'une première partie, après un court set de 25 minutes. Allez vous acheter l'album ''Behind The Music'', si vous êtes un trippeux de vieux rock ou de brit-pop, vous allez me remercier. Notons un spectateur très intéressé pendant la prestation de Soundtrack Of Our Lives, nul autre que Noel Gallagher, quitariste-compositeur mythique d'Oasis, qui semble beaucoup apprécier en arrière scène, applaudissant à la fin de chaque chanson. Dans la gestuelle habituelle du teigneux guitariste, ça veut dire qu'il aime beaucoup. Premier entracte. V'là-tu pas qu'une jolie fille enceinte me demande poliment de la laisser passer. Véronique Cloutier venait de me passer dans la face avec son chum et je ne l'avais même pas reconnue...! Faut dire que j'ai vraiment pas l'oeil. Et qu'elle paraît mieux en chair et en os qu'à la télévision, environnement kétaine de la Fureur oblige... Vient ensuite la formation américaine Mercury Rev, dans un tout autre style. Pas sûr que c'était une bonne idée de mettre du pop planant entre deux formations définitivement rock. Malgré le mimétisme exagéré (et agaçant) de leur chanteur, le groupe n'aura réussi qu'à endormir la foule, morceau après morceau. Pas par manque de talent nécessairement, j'aurais bien aimé les entendre dans un environnement plus intime, et plus adéquat à leur musique. Noel Gallagher est revenu sur le côté de la scène, mais l'entrain et les applaudissements ont disparu comme par magie, et le plus vieux des frères de Manchester se volatilise lui aussi, après quelques pièces... Nous aurions souhaité pouvoir faire de même. Deuxième entracte. Le plus long, comme toujours, alors que les secondes deviennent des mois et des années. Malgré les chants ''Oasis, Oasis!'' qui fusent de partout, le clou de la soirée se fait attendre. Les ventes de billets n'ont pas été extraordinaires pour le spectacle de Montréal, un des seuls qui n'est pas sold out en Amérique du Nord. Mais l'avantage de cette situation, pour nous, les spectateurs, c'est que la scène a été avancée vers le fond de l'aréna, ce qui nous rapproche tous du spectacle et qui donne une ambiance du tonnerre. Les cinq mille fans présents en auront pour leur compte malgré tout...! J'en profite pour glisser un mot sur le commerce des souvenirs de concert qui est devenu ridicule. Je n'en croyais pas mes yeux d'avoir vu un simple T-Shirt à 43 dollars pour un show de U2. Et bien, ce n'était pas beaucoup mieux à Oasis alors que les chandails se vendaient quarante dollars pièces, les porte-clés vingt dollars et douze dollars pour un minuscule (microscopique serait le mot plus juste) macaron... Décidément, même les fans enragés comme moi ont dû garder leur argent bien en sécurité dans leur portefeuille... Lumières! Et l'instrumentale ''Fucking in The Bushes'' démarre dans les hauts-parleurs. Les membres d'Oasis se présentent sur scène devant les cris endiablés d'une foule particulièrement enthousiaste. Il y a longtemps que les Vilains Britanniques ne sont pas venus dans la Métropole, depuis 1995, en fait. Le concert démarre avec la première chanson de leur dernier CD, ''The Hindu Times'', un hymne rock créé sur mesure pour des concerts d'aréna. Liam Gallagher semble être en forme. Arrogant, courbé sur le microphone, tapant erratiquement de la tambourine lorsqu'il n'a pas les deux mains jointes dans le dos. C'est comme ça que Liam s'est fait connaître, c'est comme ça que la planète l'aime ou le déteste. Liam, c'est Liam, et il ne changera sans doute jamais. Il vomit les paroles des chansons, se dresse devant la foule, complètement stoïque, attendant qu'on l'acclame comme un Dieu. C'est la façon Liam de s'éclater, et de donner un concert rock. Le reste du groupe? Noel est en pleine forme lui aussi, secondant son frère pour les refrains et grattant la guitare comme un Keith Richards des belles années. Encore une fois, pas beaucoup d'émotion, mais ça n'a jamais été la carte de visite d'Oasis et du brit-pop en général. Pour la première fois sur scène, on dirait qu'Oasis forme un tout. Les autres musiciens, en particulier le deuxième guitariste Gem Archer, se joignent très bien aux frères Gallagher. Moins de mégalomanie, moins de drogues, moins d'excès, et décidément, plus de musique. La prestation d'Oasis présentée à Toronto il y a deux ans avait duré en tout, rappel compris, un grand total de 65 minutes! Vous avez bien lu, 65 minutes! À Montréal vendredi, Oasis a joué une heure 45 de ses plus grand succès. Hello, What's The Story (Morning Glory), Columbia... Le tout entremêlé des chansons du nouvel album qui renouent Oasis avec le plaisir de faire de la musique, disparu depuis le tout premier album, datant (déjà) de huit ans. La tension entre les deux frères Gallagher était également disparue, enfin, pour l'instant. On a même eu droit à quelques excès de bouffonnerie. Liam Gallagher entonne Cigarettes and Alcohol en se mêlant complètement dans les paroles, ce qui a bien fait rigoler l'aîné. Il en profite à la fin de la chanson pour préciser à son frère que les premières paroles de la prochaine chanson sont ''Maybe, I don't really wanna know..."... Et on enchaîne Live Forever que Liam commence en chantant absolument n'importe quoi. La chanson s'arrête, tout le monde rit, les deux frères se font l'accolade. Un beau moment qu'on aurait jamais cru possible dans l'univers des Gallagher... D'autres bons moments? Noel qui revient seul pour le rappel avec sa guitare accoustique pour entonner un émouvant Wonderwall, qu'il joue pour la toute première fois depuis le début de la tournée. Il la dédie d'ailleurs à Soundtrack Of Our Lives, groupe qu'il a vraisemblablement beaucoup apprécié, nous aussi d'ailleurs. Liam revient ensuite au micro pour déglutir Acquiesce (une des meilleures chansons rock du répertoire d'Oasis) et terminer le tout avec My Generation des Who. Une finale extraordinaire pour un vrai show de rock and roll, musicalement pur et riche en attitude. Oasis méritait un centre Molson plus rempli pour une aussi solide performance. En espérant que cette tournée soit celle de la réconcilitation entre un groupe qui s'efforce maintenant de faire de bons shows et une Amérique qui ne les a jamais vraiment compris. Rock and roll, mate! Rock and Roll...... Bonne semaine! |