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Chronique de Denis Gravel


14 mars 2001

Pour en finir avec Christianne Charette


Merci à radio-canada.ca


Z'avez vu l'entrevue de Christianne Charette à la télé d'État la semaine dernière? Peut-être que oui, peut-être que non. Une chose est certaine, à moins de rester sur la planète Mars, vous en avez sûrement entendu parler. Ce n'est jamais drôle quand une intervieweuse perd tous ses moyens, surtout quand c'est du direct et qu'on ne peut pas couper. Mais quel délice de voir une pauvre précieuse comme Christianne se faire noyer par un vieux routard comme Bernard Landry. Précieuse parce qu'elle n'a pas su se relever et revenir à elle-même, après que Bernard Landry ait fait allusion à son âge. Coquetterie mal placée qui aura donné un chouette moment de télé. Ca me rappelait vaguement le film Titanic, sauf qu'on n'a pas eu à se taper deux heures d'histoire d'amour-guimauve avant de voir le bateau couler...

Mais plus drôle encore que l'événement Landry vs Charette, il y a les réactions de nos Grands Éditorialistes. Risible la réaction de Franco Nuovo dans le Journal de Montréal qui essaie de nous faire croire que son amie n'a pas fait de faux pas. C'est beau se soutenir dans l'adversité entre pseudo-intellectuels mais il y a quand même des limites à prendre les lecteurs pour des cons.

Triste de remarquer aussi que Pierre Bourgault ait encore une colonne ailleurs que dans un feuillet syndical. Il a exigé des excuses publiques de la part de la pauvre Charette, en plus de conseiller sa mise à la porte immédiate. Si Pierre Bourgault se serait fait montrer la porte à chaque fois qu'il a manqué de jugement dans un article, je n'aurais pas pu le lire de mon vivant... M'sieur Bourgault, si vous avez encore le droit de divaguer dans un journal majeur de la province, je crois qu'on peut laisser une petite chance à Christianne Charette de se reprendre après son cuisant revers face à Bernard Landry.

Du côté de La Presse, Petrowski et Cousineau ont salué le grand moment de télé-vérité que nous a donné le face à face entre une animatrice perdue et un premier ministre qui n'a rien fait pour l'aider à se retrouver. Je le salue aussi. Il est rare au Québec, et partout en général, qu'on puisse voir autre chose que de préfabriqué sur nos écrans. Mais le direct réussit encore à faire de la magie parfois, même si c'est au détriment de Christianne Charette.

Mais où vais-je avec tout ça? Juste vous dire quelques petites constatations bien personnelles.

- Quand on veut s'attaquer à un politicien d'expérience en entrevue, il faut être préparé et avoir davantage d'arguments qu'une simple antipathie mal contrôlée.

- Pour qu'une simple entrevue ratée fasse autant parler, il faut que le paysage télévisuel soit vraiment rendu moribond.

- Certains éditorialistes ne s'améliorent vraiment pas en vieillissant, et certains journaux commencent à perdre le peu de crédibilité qui leur reste en raison de leurs columnistes.

- Aujourd'hui, une semaine et quelques poussières après l'incident, Christianne Charette est toujours intervieweuse et Bernard Landry est toujours Premier Stratège de la Belle Province.

- Pierre Bourgault et Franco Nuovo ont toujours leur page dans le Journal de Montréal.

- Louise Cousineau et Nathalie Petrowski écrivent toujours à La Presse.

- Et le bon Peuple écoute toujours la Poule aux Oeufs d'Or.

- Tempête dans un verre d'eau...


Bonsoir

Denis Gravel



 



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