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Chronique de Denis Gravel


30 janvier 2001

UN PEU DE CINOCHE!


merci à www.geocities.com/SoHo/Lofts/1940/falardeau.html


Malgré le fait que plusieurs salles de cinéma à travers le monde ferment leur porte et qu'une grève des acteurs menace bientôt Hollywood, on peut dire que l'année 2001 s'annonce solide côté box-office! Tant mieux pour nous, après une année 2000 bien fade où seuls Gladiator, X-Men, Erin Brokovich et Almost Famous auront fait l'unanimité. Nous avons devant nous une année pleine de belles promesses, et deux des films les plus attendus pour les cinéphiles avertis étaient ceux de Pierre Falardeau et de Guy Ritchie. L'un est le fruit de plusieurs années d'effort et de détours pour raconter une histoire que le Québec et le Canada ont voulu oublier. L'autre, plus léger, nous entraîne dans une histoire complètement folle avec des British très ''pulpfictionniens''...

15 FÉVRIER 1839

merci à www.geocities.com/SoHo/Lofts/1940/falardeau.html


Tout d'abord, le film des Patriotes. Voilà deux semaines que je cherche à écrire sur ce film sublime de Falardeau sans trouver les mots. Jusqu'à maintenant, la critique est unanime. De Nuovo à Petrowski, en passant par les Christianne Charette et autres Sophie Durocher, tout le monde crie au génie. Moi aussi.

Je dois dire que je suis allé voir 15 février 1839 un peu à reculons. Je n'avais pas le goût de me faire remplir les oreilles d'indépendance. On connaît bien le discours de Falardeau, qui n'a pas beaucoup changé au fil des ans. Mais si le ''personnage'' de Falardeau paraît rustre, carré, dépourvu de subtilité et arrogant pour plusieurs, son film est tout le contraire. C'est avec beaucoup de sensibilité et d'émotion que le cinéaste nous raconte l'histoire de 5 patriotes qui vont se faire pendre au nom de leur idéal politique. C'est aussi avec beaucoup de simplicité qu'on nous présente ces Patriotes, des québécois qui pourraient très bien vivre en 2001, tellement ils nous ressemblent. Les mêmes craintes, les mêmes questionnements, la même joie de vivre, la même peur... Falardeau les laisse tous parler, s'exprimer. Même les soldats Anglais ont le droit de parole. Et lentement mais sûrement, on se laisse envahir par le sentiment de tristesse et d'injustice, au fur et à mesure que l'heure de la pendaison approche. Et en sortant du cinéma, on se pose la question: est-ce qu'on doit aller jusqu'à mourir au nom de nos idéaux?

Luc Picard crève l'écran en chevalier de Lorimier et Sylvie Drapeau se montre digne d'un Oscar (je ne pèse pas mes mots ici) dans le rôle de la femme du condamné à mort. Leur dernière rencontre est déchirante de vérité.

Souverainistes ou pas, là n'est pas la question. Tout le monde doit aller voir ce film, qui, dans la lignée d'Octobre, s'attarde à des événements incontournables de notre histoire. Ce film qui s'attarde aussi aux individus qui ont fait cette histoire, avec une émotion et une sensibilité qui sont à des années lumières d'Elvis Gratton. Chapeau, Falardeau, ton film est venu me chercher et il ira en chercher plein d'autres. Le combat en valait la peine.

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SNATCH

merci à www.movies.go.com


Guy Ritchie, de ce côté-ci de l'Atlantique, on le connaît mieux sous le nom du ''gars qui s'est marié avec Madonna''. Pourtant, en Angleterre, c'est un réalisateur culte qui a fait un malheur avec son premier film Long, Stock & Two Smoking Barrels. Une réalisation impec et ambitieuse, des histoires tordues et de l'humour grinçant à la Tarantino, des personnages tous plus bêtes et attachants les uns que les autres, voilà le monde de Ritchie. Et c'est une nouvelle incursion dans cet univers qui nous est proposé dans le film Snatch.

Bon, autant vous avertir tout de suite. Ce genre de film doit être vu en version originale. Même si l'accent British de certains personnages va vous faire plisser les oreilles, c'est une saveur dont on ne peut se passer pour apprécier le film pleinement. Un film qui raconte une histoire abracadabrante où s'entrecroisent des dealers miteux du monde de la boxe, des bandits de bas étage, un chien qui fait Pouet Pouet, des gitans qui parlent un jargon incompréhensible et j'en passe. Et toutes les histoires de ces gens vont finir par se croiser à cause d'un diamant d'une valeur considérable que tous veulent s'arracher.

Si vous aimez le style de film à la Pulp Fiction et à la Reservoir Dogs, courrez voir et revoir Snatch! C'est du véritable bonbon! Des effets d'image et de caméra tout à fait géniaux, une réalisation nerveuse, un humour noir décapant, et des rebondissements qui n'en finissent plus font qu'on en redemande encore. À noter la présence de Brad Pitt qui est tordant dans son rôle de gitan stupide aux poings ravageurs. Mention spéciale au générique de départ tout à fait sublime (on nous présente tous les personnages du film en quelques secondes de façon vidéoclip) et à la séquence finale sur fond d'Oasis (un combat dont l'issue est plutôt surprenante). Guy Ritchie, Live Forever, Mate, comme disent les Anglais...!


Bonsoir

Denis Gravel



 



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