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Chronique de Denis Gravel


12 janvier 2001

LE DERNIER DES GRANDS S'EN VA


merci à InfiniT.com


La conférence de presse est terminée. Les journalistes ont ramassé leur attirail. Les politiciens de tout acabit sont partis eux aussi. Il ne reste que le Salon Rouge de l'Assemblée Nationale, vide et solennel. C'est d'ailleurs tout un vide que laisse Lucien Bouchard en décidant de quitter la vie politique. Le Dernier Chef, le Rassembleur, vient de décider de vivre pour sa famille au lieu de son peuple.

Une fin émotive et quelque peu amère. Lucien Bouchard a avoué d'emblée avoir échoué dans son objectif de la souveraineté, et qu'il en prenait le blâme. Il a lâché un peu de fiel sur Yves Michaud et sur une partie du PQ. Il a également, dans un moment touchant, parlé de sa jeune famille et du désir de voir ses enfants grandir.

Peut-on le blâmer? Difficilement. L'homme politique a eu sa part de pression au cours des dernières années. Les grèves, les négociations, la santé, l'éducation, les réformes, les fusions... C'était beaucoup pour un seul mandat, pour un seul premier ministre.

C'était beaucoup pour un seul homme, d'avoir à se battre contre son propre parti pour réussir à faire ce qu'un gouvernement doit faire en premier lieu, c'est-à-dire gouverner. Du haut de son poste, Lucien Bouchard réussissait à enterrer les disputes internes du parti Québécois, ou du moins, à les dissimuler aux yeux du grand public. Quand Lucien Bouchard levait le ton, il intimait le silence, le respect. Qui saura contrôler un parti en pleine déroute maintenant?

C'est ce qui m'amène à dire que nous avons perdu un des derniers, sinon LE dernier des Grands Politiciens. Un homme qui savait aller au delà des sondages pour tenter de mettre en place des choses qui étaient primordiales pour le Québec. On pourrait résumer ces choses par l'assainissement des finances publiques. Il n'aura malheureusement jamais le loisir de terminer son oeuvre.

Pourquoi Mike Harris a réussi à le faire en Ontario? Parce qu'il avait l'appui de la majorité de son parti. Pas le cas de Lulu, avouons-le, qui était aux prises avec une portion dangereuse de son parti, celle des souverainistes durs. ''On se fout des problèmes, on se fout des deux NON, on veut un pays et tout de suite!!'' C'est incroyable que des politiciens soient autant aveuglés...

On peut souhaiter que le départ du Grand Chef amène la confrontation des deux Partis Québécois. Celui de la ''vieille garde'' et celui qui est prêt à moderniser le programme et les priorités du parti. Souhaitons également que les véritables enjeux qui sont camouflés depuis des années au sein du PQ éclatent au grand jour. Pour que le paysage électoral change. Pour que le parti renaisse. Pour que certains quittent. Ainsi, le départ de Lucien Bouchard n'aura pas été en vain.

Bonsoir

Denis Gravel



 



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