11 novembre 2003
L’événement de l’été 2003 !
![]() ![]() ![]() J’aimerais bien dire que l’événement de la saison estivale a été mon mariage, mais l’amplitude de la cérémonie n’avait peut-être pas la portée du méga-spectacle des Rolling Stones à Toronto, concert auquel j’ai assisté. Je n’y étais pas nécessairement pour aider la ville de Toronto à vaincre les effets négatifs du SRAS ou encore moins pour voir la Chicane, mais bien pour assister à une autre légendaire performance d’AC/DC. AC/DC, c’est mon groupe fétiche et jamais je ne raterai une occasion de les voir live en spectacle. L’occasion à Toronto était trop belle, à 21$ qui plus est, avec Rush et les Rolling Stones en apéritif et en digestif. L’expérience fut inoubliable et ma blonde et moi ne gardons que des souvenirs positifs de ce spectacle. Pourquoi ? Parce que nous avons été intelligent dans toute cette aventure. D’abord, il n’était pas question pour nous d’aller s’égarer dans le coin en voiture. Le métro était l’option logique. De plus, il avait été mis au clair dès le départ entre Isa et moi que les groupes à voir étaient AC/DC et les Stones, le reste étant une brochette plutôt futile. Donc, nous n’avons pas fait comme la bande de « wêreux » (voyeurs) qui sont allés se stationner dès 9 heures le matin sous le soleil pour voir des artistes douteux. ![]() D’ailleurs, il faisait vraiment chaud ce 30 juillet à Toronto. Pas d’humidité, dieu merci, mais de la chaleur pure sous un soleil ardent. Les gens sans crème solaire ou sans eau ont dû trouver la journée insupportable. Tant pis pour eux ! On ne va jamais à un spectacle rock sans être près mentalement, physiquement et matériellement. Bref, muni d’une bonne paire d’espadrille avec des bas confortables, d’un sac à dos remplis de bouteilles d’eau, de crème solaire, d’un mix de noisettes, peanuts, amandes, et d’un appareil photo, nous nous sommes dirigés vers cette marée humaine à partir de 17 heures. La promenade en métro n’a duré qu’à peine 15 minutes entre le centre-ville et le parc Downview. De là, nous avons rejoint à pied en 5 minutes la billetterie de la base militaire. Finalement, de cet endroit, il a nous a fallu plus de 15 minutes de marche avant de rejoindre la masse humaine. C’est à ce moment que j’ai pris ma blonde par la main et que je lui ai conseillé de ne plus jamais me perdre de vue. Nous avons ainsi foncé dans cette masse plus ou moins compacte, certains cherchant à s’en échapper, d’autres cherchant comme nous à s’y enfoncer plus profondément. Puis arriva le moment fatidique où il devenait impossible d’avancer plus loin. C’est de là que nous avons assisté à la fin de la prestation des Guess Who et de tout ce qui a suivi. ![]() Nous étions directement devant la scène, mais à 500 mètres de celle-ci. Inutile de tenter d’identifier qui que ce soit sur la scène, c’était trop loin. Heureusement, plusieurs écrans géants situés un peu partout dans la foule nous permettait de voir aussi bien que les gens assis devant leur téléviseur. Le son était tout aussi bon, le vent réussissant très rarement à diminuer quelque peu sa puissance. Tous les ingrédients étaient donc là pour vivre une expérience inoubliable. Rush, qui suivait les Guess Who, ont livré une performance sans bavure. C’était la première fois que je les voyais live, et j’ai trouvé leur jeu solide, mais malheureusement sans étincelle. Oui, j’ai aimé la performance, mais pas assez pour me convaincre de payer 60$ pour les revoir. La réaction de la foule face à Rush a valsé entre l’indifférence et un respect avoué, mais jamais d’éclats de joie ou d’enthousiasme marqué. Qu’importe… ![]() Après une attente d’une demi-heure, AC/DC est venu littéralement volé le spectacle. Leur entrée n’a toutefois pas fait l’unanimité. Le groupe a eu le culot (comme lors de leur tournée européenne) de débuter le tout avec un de leur vieux classique, Hell ain’t a bad place to be. La toune a de la gueule et dieu que la riff est accrocheuse. Mais personne, à part les mordus comme moi, ne connaissait vraiment la pièce. Qu’importe, AC/DC avait le répertoire pour rattraper la mise et le show s’est envolé comme si de rien n’était. J’étais dans une bulle inébranlable, le bras en l’air, paré à militer pour ce groupe génial ! Parfois, j’ai bien sorti la tête de ma bulle, juste pour voir la réaction des milliers de gens qui m’entourait. Mais à ma grande surprise, la réaction était timide dans notre section. Peut-être était-ce l’effet d’éloignement, peut-être était-ce parce que nous étions encore sous la lumière du jour, peut-être était-ce parce que la majorité des gens présents n’étaient là que pour sniffer, et non pour tripper sur la musique. Qu’importe, je suis retourné dans ma bulle, convaincu que les gens allaient tôt ou tard se réveiller. Et l’énergie débordante du groupe a finalement réussi à allumer les 500 000 spectateurs présents. TNT a été d’une efficacité étonnante, alors qu’Highway to Hell est venu mettre un terme à une prestation chaleureuse sans faille. Ovation monstre de la foule, qui n’avait pas encore réalisé qu’elle venait d’assister aux plus beaux moments de la soirée. Car oui, il faut bien l’admettre, ce qui a suivi n’a jamais été à la cheville, niveau intensité, de la performance d’AC/DC. Les Rolling Stone se sont d’abord fait attendre, ce qui a convaincu des milliers de spectateurs de quitter avant le main event même ! Peut-être plus parce que la chaleur de la journée avait eu raison de la patience de ces gens, peut-être aussi pour éviter le trafic d’après spectacle. Ceci-dit, la longue attente n’a pas aidé. Et alors qu’on s’attendait à une explosion sonore avec l’arrivée des dites-légendes, le tout est tombé à plat avec un son mal balancé, avec un Jagger beaucoup trop en avant-plan et l’absence notoire de guitares électriques. Bref, personne dans le parc avait deviné que les Stones jouaient en introduction Start Me Up avant que le refrain n’arrive. Le groupe, machinalement, ne s’est pas laissé dérouté par la réaction de la foule et a enchaîné avec des valeurs sûres (Ruby Tuesday, Brown Sugar, Miss you, etc.). Jagger a démontré beaucoup d’énergie, prouvant qu’il est un show-man hors-pair. Alors que Richards a été ordinaire, voir même décevant. Il a même trouvé le tour de se tromper de parole sur la pièce qu’il a interprété, obligeant le groupe à reprendre la chanson. ![]() C’est à ce moment que nous avons compris qu’il était temps de quitter, après une heure du spectacle des Stones. Déjà, à ce moment, plus du tiers de la foule avait quitté et je suis sûr à 100% qu’à la dernière chanson des Stones, il ne restait plus que la moitié de la foule. Notre départ du site était ce que j’appréhendais le plus. Évacuer 500 000 personnes d’un site dans un délai raisonnable me paraissait impossible, malgré tout le bon vouloir des autorités de la ville. Je m’étais préparé au pire, rester coincé pendant 5 heures dans le métro ou marcher pendant des heures jusqu’à l’hôtel. Or, c’était mal connaître l’efficacité des gens de Toronto. D’abord, on avait eu l’intelligence d’éclairer d’un bout à l’autre le parc Downview et sa piste d’avion. Car au-delà de cette piste, il n’y avait qu’un terrain terriblement raboteux, tout à fait approprié pour se fouler une cheville ou permettre à une foule de piétiner quelques personnes. L’éclairage a évité une catastrophe ! Bravo ! À la sortie du parc, des centaines de policiers nous attendaient gentillemment pour nous diriger vers les transports en commun. Mais leur présence n’avait rien d’aggressante, bien au contraire. Ces derniers conversaient avec la foule, leur demandant leurs impressions du spectacle, les rassurant que le métro fonctionnait à merveille et qu’ils pourraient quitter le site d’ici une demi-heure. J’avais bien de la misère à le croire, surtout en voyant l’horrible file d’attente devant la bouche de métro. Mais nous étions près mentalement à attendre des heures, alors nous avons pris notre mal en patience. Quelle ne fut pas notre surprise de voir, 15 minutes plus tard, la file avancer à un rythme d’enfer, au point où nous avons pu entrer dans la bouche de métro, passer la billetterie en un tour de main (le retour était gratuit, gracieuseté de la ville de Toronto) et d’arriver devant les wagons de métro qui nous attendait patiemment. Et oui, la police contrôlait les entrées de métro, ne laissant entrer qu’une troupe de 2000 personnes à la fois, afin d’éviter tout congestionnement dans la bouche de métro. En plus, on avait placé délibérément tous les wagons de métro disponible pour évacuer la masse rapidement. Bref, 40 minutes après avoir quitté le show des Stones, nous étions sains et sauf dans notre chambre d’hôtel, heureux comme des rois. ![]() Une organisation impeccable, voilà le qualificatif que je dois attribuer aux autorités de la ville de Toronto et aux organisateurs du spectacle. Toronto a démontré qu’elle pouvait organiser des événements d’envergures et de les gérer avec classe et discernement. Et ça me fera plaisir de retourner à Toronto pour un événement de la sorte ! J’ai rien de négatif à dire sur ce spectacle. Rien ! Je n’ai vu que des gens de bonne humeur, ayant l’impression d’assister à un moment historique. Aucun saoulon n’est venu perturber notre soirée paisible, il n’y a eu qu’une dizaine d’arrestations dans toute la soirée. Je vous le dis, il fallait être de très mauvaise foi pour trouver un moyen de se plaindre lors de cette soirée mémorable. Bravo Toronto ! |