Editorial4 juillet 2003 La petite clique de Québec city Je viens de quitter temporairement ma majestueuse vallée de la Matapédia pour venir travailler dans la région de Québec. Et quand on habite à Québec, il est impossible de passer à côté du scandale de la prostitution juvénile qui éclabousse la ville. C'est le talk of the town ! On en parle à la job, à l'école, à l'épicerie, entre amis, en famille, à la radio, à la télévision, on en parle partout ! Québec s'amuse dans sa bulle et si de l'extérieur, ça peut paraître loufoque, dans la région, c'est l'apocalypse. Pourquoi ? Simplement parce que ce scandale touche à peu près tout le monde indirectement, autant dans l'entourage des victimes que des accusés, gens connus de la région par leur implication dans le milieu. Mais il y a aussi les policiers qui ont enquêté sur l'affaire, les gens du centre d'accueil de l'Escale, les clients qui fréquentaient les établissements des accusés ou qui ont fait affaire avec eux, les auditeurs de la radio de Québec qui sont fort nombreux (autant les ex-auditeurs de Robert Gillet que ceux qui écoutent André Arthur et Jeff Fillion), etc. On le dit souvent, Québec, c'est un gros village, sans plus. Voilà un peu pourquoi tout le monde est concerné ! Évidemment, ce qui frappe le plus dans ce scandale, outre les gestes dégueulasses posés par les accusés, c'est la renommée des dits accusés. Des gens d'affaires reconnus, des juges, des avocats, des fonctionnaires, des hommes publics impliqués soit dans les médias, soit l'administration des événements culturels régionaux, voilà autant d'éléments faisant partie de la petite élite de Québec, de la clique ! Et cette clique, elle a des tentacules très longues, dans tous les domaines de notre société. Elle fréquente les mêmes établissements, les mêmes clubs de golfs, les mêmes restaurants, les mêmes événements. Pas pour rien que le reseautage de cette prostitution juvénile s'est fait rapidement et discrètement. Et c'est surprenant, voir même intriguant, que certaines personnes faisant partie de cette clique, comme le maire de Québec, Monsieur l'Allier, ne soient pas au courant de ce phénomène underground. Par ailleurs, nous sommes en droit de se demander si ces gens connus seront jugés équitablement, comme le serait le commun des mortels. Qui ne se souvient pas de Gilbert Rozon qui, grâce à sa notoriété, a réussi à éviter le casier judiciaire et la prison pour des accusations d'harcèlement sexuel et d'attouchements. Bref, il va être intéressant de voir comment tous ces accusés vont pouvoir se sortir du pétrin. Car ne soyez pas surpris, plusieurs vont s'en sortir indemne. Tout sera fait pour discréditer les jeunes filles ou soulever les irrégularités de l'enquête policière, ce qui n'est jamais difficile à faire. Et je doute sincèrement que justice soit fait dans ce genre de cause, peu importe quel est la vérité. |