Editorial23 mai 2001 La justice sociale
C'est de moins en moins à la mode d'être socialiste de nos jours. Cette théorie, qui se veut à la base être une doctrine qui vise le bien-être collectif, a révélé avec le temps quelques failles. En effet, même avec un gouvernement socialiste, il peut y avoir des abus. L'individu est marginalisé au profit de la collectivité, mais une collectivité qui a été préalablement remodelé selon le désir de l'élite en place. Car oui, il faut l'avouer, le socialisme consolide les pouvoirs de l'élite autant que peut le faire le capitalisme.
La preuve a été produite par nos gouvernements provinciaux, peu importe l'allégeance, qui monopolisent de plus en plus nos vies. Il vide nos poches pour le bien de la collectivité. Il décide de ce qui est bon pour moi, selon des valeurs pré-établies. Merde, il décide même de la musique que je dois écouter à la radio. Bref, le gouvernement québécois, depuis 40 ans, même s'il a les deux bras pris dans l'engrenage du capitalisme, tente de maintenir une approche sociale, globalisante ! Or, et c'est ce que je dénonce depuis longtemps, surtout depuis le retour du parti québécois au pouvoir, c'est que notre approche supposément " sociale " reste fortement imprégnée de favoritisme. On favorise les plus forts, les amis du gouvernement, au détriment du citoyen payeur. Je suis conscient que le capitalisme n'est pas une meilleure option, qu'elle comporte sa part d'inconvénients, mais entre vous et moi, est-ce que l'approche sociale du PQ est vraiment meilleure, voir supérieure ? J'en doute ! Comment se fait-il qu'un type comme Gérald Larose gravite encore autour du gouvernement péquiste avec des honoraires rendant jaloux les joueurs d'hockey du Canadien ? En quoi cet homme avait-il la compétence pour juger de l'état actuel de notre langue française ? Quoi, il avait assez de jugement ? Sur quoi vous basez-vous pour l'affirmer ? Parce que le gouvernement l'a dit ? Bref, vous me demandez de faire confiance au jugement du gouvernement ! Et je peux toujours concéder le bénéfice du doute au gouvernement, mais je resterai toujours sur mon apétit, me questionnant sur la légitimité de l'autorité gouvernementale. Car c'est là le principal défaut d'avoir un gouvernement omni-présent, qui se dit démocratique, qui régularise l'économie d'un territoire donné, et qui monopolise la vie de ses citoyens. LA LÉGITIMITÉ !!! Mon gouvernement a-t-il le droit de décider à ma place de ce qui est bon pour moi et mon entourage ? Mon gouvernement a-t-il le droit de prendre 50% de mon salaire pour le perdre dans les méandres de la " paperace " administrative ? Peut-être, je ne le sais plus… Qu'est-ce qui m'oblige à suivre encore la machine ? À tout moment, avec un peu de volonté et de l'ingéniosité, je pourrais disparaître et vivre en toute liberté, sans crouler sous les obligations de ma vie de citoyen. Pourtant, je ne le fais pas encore, et je connais personne qui a véritablement essayé de la faire ! Et pourquoi personne n'agit en ce sens ? Probablement par peur, mais surtout parce que nous avons encore espoir en la justice sociale. Que quelque part, le temps et les efforts que je consacre au bien-être de ma société peuvent servir aux plus démunis, à ceux à qui la vie n'a jamais sourit. Je ne vois pas d'autres raisons, du moins, des raisons nobles et véritables. Or, lorsqu'on voit notre gouvernement actuel se soucier de son propre nombril (langue, souveraineté, etc.), au lieu de nous aider nous, les citoyens, dans notre effort collectif, ça devient terriblement agaçant. Auparavant, on excusait un peu à tord les gouvernements libéraux lorsqu'ils aidaient les plus favorisés, parce qu'ils étaient les petits chiens des fédéraux, des fervents du capitalisme sauvage… C'était simplement une triste réalité du capitalisme… Toutefois, avec le long règne des péquistes, de plus en plus de citoyens constatent que rien n'a vraiment changé. Oui, les péquistes agissent en théorie différemment, mais ils ont le même but que les libéraux, soit la consolidation de LEUR pouvoir. L'approche sociale n'est qu'une excuse pour embellir les choses. Démocratie et socialisme ne sont que des masques derrière lequel l'autorité accroît notre dépendance envers ce dernier. Le constat à faire de ce phénomène est troublant ! D'abord, il démontre grosso-modo l'innéficacité de notre système parlementaire actuel ! Le bipartisme tue le monde provincial à petit feu. Les gouvernements ne travaillent pas pour et avec la population, comme le laisse croire ses slogans, mais dans ses propres intérêts. Et le bipartisme renforce cet état… Attention, je ne vous dis pas qu'il faut absolument voter pour Mario Dumont en automne. Je vous demande seulement de prendre conscience que plus avance les choses, plus notre monde provincial s'embourbe, un peu comme la démocratie américaine ! Par ailleurs, les fameuses théories sur le socialisme ont perdu toute crédibilité, parce qu'on se rend compte aujourd'hui que, comme ce fut le cas pour le communisme, elles permettent à une élite d'exercer un régime totalitaire, pratiquement impossible à renverser autre que par la force. Et lorsqu'on conteste cette autorité, nous devenons automatiquement des ennemis du peuple. Je vous le répète encore, qui, dans le cas présent, est vraiment l'ennemi du peuple ? Mais le plus triste dans tout cela, c'est que la vraie justice sociale, celle qui sert véritablement le peuple, celle que défend si fermement Michel Chartrand depuis si longtemps, et que bien d'autres nationalistes ont défendu à leur façon, va être entâché par cette pourriture politique. Qui va vouloir aider son prochain si certains abusent ? Voilà le problème ! Et des exemples, nous en retrouvons de plus en plus… Le bien-être social est de plus en plus dénoncer par le " québécois moyen ", parce qu'il y a des abus… Plus personne ne veut entendre parler d'investissements dans la santé, parce que les hôpitaux engoufrent notre argent pour engager du personnel hors des heures normales de semaine. Or, je connais personne qui est payé temps et demi ou temps double pour travailler de nuit dans le domaine privée ! Bien des parents dénoncent la nouvelle réforme scolaire, parce qu'elle a été produite par des pelleteux de nuages, qui n'ont jamais enseigné de leur vie. Pourtant, cette réforme comporte de nombreux avantages… On y prévilégie la débrouillardise, l'autonomie et le sens des responsabilités. Soit une forme d'intelligence tout aussi valable que la connaissance théorique en tant que telle. Malheureusement, toutes ces mesures sociales, même si elles ont du bon, deviennent progressivement impopulaires ! Et pourquoi ? À cause de l'abus… De l'abus des hypocrites… Et ce que j'affirme solennellement ici, c'est que parmi les pires hypocrites que notre société québécoise possède, j'y classe en tête de liste nos politiciens provinciaux, avec en tête les péquistes ! Suivi de près par les élus fédéraux et municipaux, les entrepreneurs véreux, les pelleteux de nuage de notre administration gouvernementale, les défenseurs de la langue française et la clique artistique de Montréal ! Je ne suis pas un grand socialiste, j'oserais même dire que je suis très individualiste, mais je crois fermement en la justice sociale… Et qu'est-ce que la justice sociale ? Le simple respect d'autrui, de son prochain… Et lorsque j'observe l'autorité qui me gouverne, je n'y vois aucune justice… |